Dans le vestiaire dune Djette...

PORTRAITS

Dans le vestiaire d'une Djette...

CERTAINS PLACARDS EN DISENT LONG SUR LEUR PROPRIÉTAIRE. INCURSION CHEZ TANIA BRUNA-ROSSO, DJETTE, JOURNALISTE, CHRONIQUEUSE ET NIGHT-CLUBBEUSE.

 

 

Tania Bruna-Rosso, on vous retrouve dans les Inrocks, Nova, les Putafranges, "Le Grand Journal" (Canal+) : racontez-nous votre épopée fantastique !

J'ai grandi à Paris mais j'ai étudié le théâtre en jeu et scénographie et le design graphique à Montréal. Quand je suis rentrée ici, j'ai trouvé un stage aux Inrocks. Pour l'obtenir, j'ai utilisé mon argument choc : parler anglais, ce qui était peu courant dans ce magazine, à l'époque. Là-bas, j'ai commencé comme stagiaire sous-payée, puis je suis devenue indispensable. J'écrivais la rubrique "Dépêchons", c'étaient toutes les petites chroniques, une sorte de revue de presse musicale. Un véritable exercice de style pour moi, vu que je n'étais pas journaliste. Je travaillais là-bas avec Emmanuel Tellier, qui s'est fait débaucher par Nova Mag. Je l'ai suivi en tant qu'assistante.

Et qu'avez-vous fait à Nova Mag?

Je me servais de mes antennes dans la culture jeune. De journaliste magazine, je suis passée du côté de l'antenne, avec la rubrique "Paris secret". En même temps, on a fondé les Putafranges. Quant au "Grand Journal", c'est arrivé à la suite d'un casting, je n'ai pas été pistonnée. Entre les mecs sérieux version Capital et les minettes pas trop calées, j'ai vanné à fond et ça a marché.

Un souvenir fort avec Jean-François Bizot ?

Tout est un souvenir. Mon premier fut sa rencontre, surtout que je suis arrivée à Nova comme pièce rapportée. Il m'a beaucoup testée avec petits surnoms et vannes à la clé. Le plus bizarre, ce fut lorsqu'il décida de m'envoyer au festival Aquaplanning. Il m'a filé une caméra et m'a dit "va filmer". Je n'ai pas compris sur le moment sa volonté mais, en fait, c'était un prétexte pour m'envoyer chez les branchés. Il n'a jamais utilisé la bande. C'est grâce à lui que j'ai pris cette voie-là.

Le "Grand Journal" ?

Ce n'est pas facile de parler de musique à la télé, à cette heure-ci, au milieu d'une émission hypertimée. En plus, cette année, on m'a rajouté un challenge : offrir des cadeaux aux invités. C'est l'une des meilleures émissions du PAF et je suis très contente d'y participer.

Votre plus jolie rencontre à l'antenne ?

Il y en a plein mais la bande Noiret-Rochefort-Marielle, ça m'a fait très plaisir. J'étais assise juste à côté de Philippe Noiret et de sa bonne grosse voix. En musique, j'étais contente de présenter les Klaxons et The Gossip. Et Mika, on a fait beaucoup pour lui.

Votre quotidien, entre un jour d'antenne et une soirée à faire la Dj ?

J 'ai deux jours d'antenne par semaine et les soirées où les Putafranges mixent commencent souvent à 19 h, alors tout est question de gestion d'emploi du temps. Mais tout le monde est tolérant et arrangeant.

Où trouvez-vous vos nouveaux sons ?

Je fais ce qu'il ne faut pas faire. Je vais sur les audioblogs et sur The Hype Machine. Je charge soixante morceaux pour dix corrects, plus ce que je reçois et ce que j'entends. Mais des tubes, il n'y en a pas tant !

Les festivals ?

Je les suis pour moi et France 4, avec qui je travaille pour l'émission "En direct 2", un best-of des festivals. Les meilleurs sont Calvi on the Rocks l'été et Iceland Airwaves, à Reykjavik, mon préféré.

Votre dernière trouvaille musicale ?

Les Chromatics.

Dans quel lieu aimez-vous le plus mixer ?

Au Paris Paris (5, av. de l'Opéra, Paris 1er, ndlr).

Les gens dont vous respectez le travail ?

Dir t y Sound System, I Was There, Misty Rabbit, Tigersushi, Joaquim... mais aussi Ed Banger, même si c'est moins ma sensibilité musicale.

Enfant , vous rêviez d'être qui, de faire quoi ?

J 'aurai bien aimé être au CNRS, parce j'avais appris qu'on pouvait étudier les majorettes.

Votre look à la télé est le même que tous les jours ?

Non mais c'est le même lorsque je mixe. À la télé, je porte beaucoup de Tsumori Chisato, de Junko Shimada, enfin un peu de tout, puisque la styliste du "Grand Journal" aime à dire que sur moi, un truc Zara fait tout de suite Chanel. Elle trouve que tout me va bien mais elle n'a pas tort, vu que je suis la reine du H&M. J'ai toutes leurs archives car ils sont les premiers à avoir fabriqué des vêtements de petites tailles pour les adultes à des petits prix.

Êtes-vous une acheteuse compulsive ?

Je collectionne tout, je suis papivore. Jeter, c'est impossible, au grand désespoir de mon mec. Je fais des grosses fixettes. Il y a eu les fausses Ray Ban (voir ci-dessous), les masques de déguisement et, maintenant, les foulards.

Les chaussures s'étalent dans tout votre appartement : elles aussi vous font craquer ?

Je ne pensais pas être une collectionneuse de chaussures mais, cette année, avec Cécile, on a craqué sur celles de Miu Miu. Mais j'ai aussi des Giuseppe Zanotti, Margiela et pas mal de fripes.

Vos coups de coeur designers ?

Miu Miu, Hussein Chalayan seconde ligne et j'ai des relents des années 90 et du minimalisme, alors j'aime Ann Demeulemeester et Margiela et mon faux Balenciaga rose acheté sur eBay pour 20 .

La musique : en CD ou téléchargée ?

On n'a pas le droit de télécharger mais force est de constater que les maisons de disques gèrent mal les sorties d'album et que ce délire Internet est né par leur faute. Lorsque tu es journaliste et que tu lis qu'un groupe sort un album en Angleterre à trois heures de train d'ici, tu devras attendre huit mois pour l'écouter ? Il est là, le problème. Et iTunes, le téléchargement légal, sort des albums qu'on ne trouve pas dans le commerce, donc je ne culpabilise pas du tout d'aller sur des audioblogs.

Votre style musical ?

Profondément pop.

L'élégance-référence ?

J'aime beaucoup Iggy Pop torse nu en pantalon argenté, je le trouve très élégant. David Bowie, évidemment, et les cheveux gras et la chemise XL de Philippe Katerine.

Votre groupe folk ?

Cat Power et son nouvel album.

Vous rêveriez de faire un set avec qui ?

Sébastien Tellier, Herman Doyle, et j'aimerais bien mixer avant Green Velvet mais, ça, c'est un rêve.

Des projets plein la tête pour 2008 ?

Faire un disque qui ne soit pas une compile mais un "concept album", arriver à nous délester de mix pas trop nécessaires et continuer à développer les Putafranges comme un nom, une marque, dans divers domaines.

Une nuit à Paris sans mixer ?

Une soirée à la maison avec tous les copains. Ça se transforme souvent en club avec masques à volonté (voir photo ci-contre). En plus, on a tous les accessoires de l'homme moderne (la Wi, la PlayStation, etc.). Et en touche finale, tisane pour tout le monde.

Vos adresses parisiennes ?

L'Hôtel (13, rue des Beaux-Arts, Paris 6e) , le Harry's Bar (5, rue Daunou, Paris 2e) pour leurs cocktails, le restaurant japonais Takara (14, rue Molière, Paris 1er) et les pâtisseries japonaises de Minamoto kitchoan (17, place de la Madeleine, Paris 8e) .

 

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