Mode
orev orevLes coups de coeur du New Jalouse !
Nos consoeurs du magazine Jalouse nous livre ce mois-ci trois de leur coups de coeur.
En débarquant à Paris avec Sacai, sa marque déjà culte au Japon, Chitose Abe crée le buzz à Paris, où elle affole les adeptes de l'école tokyoïte. Focus sur une créatrice qui n'a pas peur des coupes franches.
Par Théodora Aspart
En 1999, après neuf ans de loyaux services au QG de Comme des Garçons (comme designer maille pour Junya Watanabe), Chitose Abe s'émancipe : ciseaux en main, elle crée une première ligne de vêtements, réalise les prototypes, part à la rencontre des acheteurs et note elle-même ses premières commandes. Naissance de Sacai. Un peu artisanal, certes. Droit au but, surtout. Chitose Abe ne s'embarrasse pas du superflu : derrière cette signature, Sacai, point de mystère exotique mais simplement son nom de jeune fille ; et derrière ces silhouettes au cordeau, point d'envolée lyrique mais un credo décomplexé, aux vertus relaxantes : "Fashion is not Art". On respire déjà. Son inspiration, Chitose Abe la trouve à portée de main, façon Amélie Poulain de la couture : "Ma vie, ma famille, les petites choses du quotidien... Et le lifestyle tokyoïte, bien sûr. Par exemple, savez-vous qu'au Japon, on n'a pas l'habitude de se changer au cours de la journée ? Du coup, dans mes collections, j'injecte la juste dose d'élégance qui permet de sortir dîner avec la tenue qu'on a enfilée le matin pour aller travailler".
Côté coupe, on frôle le déconstructivisme. Il suffit de jeter un œil à la collection printemps-été 2010, une dissection ultrarigoureuse des classiques de la mode. "J'ai choisi des pièces iconiques, le trench-coat, le blouson biker, le cardigan... que j'ai décomposées, puis recomposées en introduisant des détails de coupe et de matière inattendus", raconte Chitose Abe. Une pièce de crêpe dans une maille, de la mousseline insérée dans une chemise d'homme... "Je voulais explorer les archétypes et les confronter à leurs propres contraires." Résultat exposé sur les portants de pas moins de quatre-vingt-dix boutiques dans le monde, dont deux à Paris : Colette et L'Éclaireur.
Les drôles de chaussures ont martelé les podiums de Gareth Pugh et House of Holland. En lançant sa première collection, l'Anglaise Atalanta Weller compte aussi nous faire marcher.
Par Aurélie Lambillon
Ne lui parlez pas des modeux. C'est vers le design que l'Anglaise Atalanta Weller se tourne pour chercher l'inspiration. Pas étonnant qu'on l'ait repérée chez deux trublions des shows. Les énormes chaussures boules chez Gareth Pugh ? C'est elle. Les plates-formes démesurées chez House of Holland ? Encore elle. Des modèles loufoques - mais pas gags, qu'elle souhaite d'ailleurs commercialiser. Les "ballons" ont nécessité neuf heures de travail quotidien pendant trois semaines, vingt-cinq mètres de cuir blanc et douze mètres de cuir noir. Et l'on y glisse les pieds comme dans des chaussons. Car Atalanta Weller n'a pas l'intention d'en rester aux chaussures de défilés. De son passé de sculpteur, elle garde certes un penchant pour les formes futuristes et les moulages conceptuels. Oui, son regard d'artiste aime "le beau qui dérange". Mais seulement l'œil. Sans torturer les pieds. Diplômée de l'école Cordwainers de Londres (la référence pour les aspirants chausseurs), elle a fait ses classes chez Hugo Boss et Clarks avant de décoller en solo. Son but ? "Marier art, confort et fonctionnel." Évoluer vers un "esthétisme casual, pas cloné et surtout pas dadame". Ce qu'elle compte prouver avec sa première collection d'été. Ses sandales compensées et ses escarpins à talons coniques sont déjà sur la liste des must-have de bon nombre de Londoniennes.
Atalanta Weller chez Browns Focus, à Londres ( et sur www.brownsfashion.com )
Rodée aux techniques de coupe des grandes maisons, spécialiste de l'imprimé, Calla Haynes présente une première collection pour les filles d'aujourd'hui. Luxueuse et relax.
Par Aurélie Lambillon
Pas qu'elle ne jure que par l'imprimé. Il y a aussi de belles pièces unies dans la première collection de Calla Haynes. Mais elles viennent surtout "casser" une silhouette, tel ce débardeur blanc, qui dégouline sur une jupe boule à motifs de branches, ou ces tops superposés, qui calment une robe T-shirt multicolore. Car l'imprimé reste bien le domaine de prédilection de cette Canadienne diplômée de la Parsons School de New York, installée à Paris depuis qu'Olivier Theyskens lui a confié la création de ses motifs chez Rochas, puis Nina Ricci.
Aujourd'hui, quand elle ne dessine pas des images retravaillées sur Photoshop pour les créateurs new-yorkais Alexander Wang et Erin Fetherston, elle se concentre sur Calla. Sa marque, qui profite de son "expérience du luxe pour nous habiller relax". Meilleures preuves ? Ses robes archimoulantes aux bonnets structurés de bandes de stretch bien confortables. On respire.
Calla, en vente chez Maria Luisa.
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